Quand consulter un professionnel pour l’anxiété : les signes qu’il est temps de demander de l’aide
L’anxiété peut être une réaction normale face à l’incertitude, à la pression, aux conflits ou au changement. Mais elle peut aussi devenir si fréquente, intense ou limitante que demander un accompagnement professionnel constitue une bonne prochaine étape.
Vous n’avez pas besoin d’attendre que la situation devienne insupportable pour demander de l’aide. Un thérapeute, un médecin ou un autre professionnel de santé mentale qualifié peut vous aider à comprendre ce qui se passe, à évaluer vos besoins et à parler des options de traitement.
Si vous êtes en danger immédiat, pensez pouvoir vous faire du mal ou faire du mal à quelqu’un d’autre, ou ne pouvez pas rester en sécurité, appelez immédiatement le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences les plus proches. En France, vous pouvez appeler le 3114, gratuitement, pour obtenir une aide spécialisée en cas de pensées suicidaires ou de crise. Si vous êtes ailleurs, contactez le numéro d’urgence ou le service de crise de votre pays.
Quand consulter un professionnel pour l’anxiété ?
Envisagez de consulter un professionnel lorsque l’anxiété affecte votre capacité à vivre la vie que vous souhaitez ou devez mener. Cela peut signifier qu’elle perturbe votre travail, vos études, votre sommeil, vos relations, votre rôle de parent, vos soins de santé ou vos tâches quotidiennes.
Vous n’avez pas besoin d’atteindre un seuil secret pour avoir droit à du soutien. Il est peut-être temps de prendre rendez-vous si l’une des situations suivantes vous semble familière :
- L’anxiété est présente la plupart des jours, ou revient régulièrement depuis plusieurs semaines ou plus.
- Les inquiétudes vous semblent difficiles à contrôler, même lorsque vous essayez de les mettre de côté.
- Vous évitez des lieux, des personnes, des conversations, des déplacements, des rendez-vous ou des responsabilités par peur.
- Votre corps est souvent en état d’alerte, par exemple avec une agitation intérieure, de l’impatience, des tensions, des tremblements, des nausées ou l’incapacité à vous détendre.
- Vous dormez mal, avez du mal à vous concentrer ou vous sentez constamment épuisé.
- Vous avez des épisodes ressemblant à des crises de panique, des montées intenses de peur ou de détresse physique, ou la crainte qu’un nouvel épisode survienne.
- L’anxiété entraîne des conflits, de l’isolement, des occasions manquées ou une routine de plus en plus limitée.
- Vous consommez de l’alcool, des drogues, de la nourriture, les réseaux sociaux, les jeux d’argent, le travail à l’excès ou adoptez d’autres comportements pour traverser ces moments.
- Vos stratégies habituelles pour faire face ne suffisent plus.
- Vous vous inquiétez pour votre santé mentale et souhaitez avoir un plan plus clair.
Une question utile n’est pas seulement : « À quel point suis-je anxieux ? » C’est aussi : « Que me coûte mon anxiété ? » Si elle vous coûte du sommeil, des liens avec les autres, de la liberté, de la concentration, du bien-être physique ou un sentiment de sécurité, un accompagnement professionnel peut vous aider.
L’anxiété est parfois étroitement liée à une situation précise, comme une présentation difficile, un problème de santé, une rupture, des difficultés financières ou un changement important dans la vie. L’anxiété situationnelle peut tout de même justifier une prise en charge, en particulier si la situation se prolonge ou si votre réaction vous semble plus forte que ce que vous pouvez gérer seul.
Pour mieux comprendre la différence entre une réaction normale au stress et une anxiété qui persiste, consultez stress et anxiété.
Quand l’anxiété dépasse-t-elle le stress quotidien ?
Le stress et l’anxiété se recoupent, mais ils ne sont pas exactement identiques. Le stress est souvent une réaction à une exigence identifiable, comme une échéance ou un conflit. L’anxiété peut continuer une fois la demande immédiate passée, ou impliquer des inquiétudes persistantes concernant ce qui pourrait arriver.
Aucune liste de contrôle en ligne ne peut déterminer si vous souffrez d’un trouble anxieux. Seul un professionnel qualifié peut vous évaluer, vous interroger sur vos symptômes et vos antécédents, et envisager d’autres explications possibles.
De manière générale, les cliniciens examinent notamment les éléments suivants :
- Persistance : les inquiétudes, la peur ou les symptômes physiques continuent de se manifester au lieu de disparaître après un facteur de stress de courte durée.
- Intensité : la réaction semble accablante, disproportionnée par rapport à la situation ou très difficile à gérer.
- Retentissement : l’anxiété vous empêche de fonctionner dans des domaines importants de votre vie.
- Évitement : vous organisez de plus en plus votre vie pour prévenir l’anxiété, plutôt que pour faire ce qui compte pour vous.
- Souffrance : l’expérience est douloureuse, effrayante ou épuisante.
Ces éléments sont des raisons de demander une évaluation, pas de vous attribuer vous-même une étiquette. L’anxiété peut aussi être associée à une dépression, un deuil, des symptômes liés à un traumatisme, une consommation de substances, des difficultés attentionnelles, un stress chronique ou des problèmes de santé physique. Un professionnel peut vous aider à examiner l’ensemble de la situation.
Les symptômes physiques peuvent-ils aussi nécessiter une prise en charge médicale ?
Oui. L’anxiété peut s’accompagner de symptômes physiques bien réels, mais il est important de ne pas supposer que chaque symptôme physique est dû à l’anxiété.
Contactez rapidement un professionnel de santé en cas de symptômes nouveaux, sévères, inhabituels ou qui s’aggravent. Demandez des soins médicaux urgents en cas de symptômes tels qu’une douleur ou une pression dans la poitrine, une grande difficulté à respirer, un évanouissement, une faiblesse ou un engourdissement soudain, une confusion nouvelle, un mal de tête intense ou tout autre symptôme pouvant signaler une urgence médicale.
Il est également raisonnable d’en parler à votre médecin traitant lorsque des symptômes physiques persistants font partie de la situation. Il pourra examiner vos médicaments, votre sommeil, votre consommation de substances et les facteurs médicaux susceptibles de contribuer aux symptômes. C’est particulièrement important si les symptômes ont commencé soudainement, ont changé de manière importante, surviennent après une modification de traitement ou affectent votre fonctionnement quotidien.
Demander un avis médical n’est pas « surréagir ». C’est une démarche pratique pour comprendre le soutien dont vous avez besoin.
Quels signes indiquent que j’aurais peut-être besoin d’une thérapie pour l’anxiété ?
La thérapie n’est pas réservée aux crises ou aux diagnostics formels. De nombreuses personnes y ont recours pour acquérir des outils, comprendre certains schémas et être accompagnées avant que l’anxiété ne devienne plus perturbante.
Une thérapie pourrait vous être utile si vous remarquez que vous consacrez beaucoup d’énergie à gérer, cacher ou fuir votre anxiété. Par exemple, vous cherchez peut-être sans cesse à être rassuré, annulez des projets, répétez des conversations pendant des heures, vérifiez les choses encore et encore ou remettez des tâches au dernier moment. Ces stratégies peuvent apporter un soulagement bref tout en entretenant le cycle anxieux au fil du temps.
D’autres signes peuvent indiquer que vous souhaitez être accompagné :
- Vous vous sentez seul face à vos inquiétudes ou ne vous sentez pas capable de parler ouvertement aux personnes de votre entourage.
- L’anxiété affecte votre confiance en vous ou donne l’impression que votre monde se rétrécit.
- Vous êtes pris dans une boucle de pensées en « et si… ».
- Vous avez du mal à distinguer une inquiétude réaliste d’une peur alimentée par l’anxiété.
- Vous avez vécu un changement important, une perte, un événement effrayant ou une pression prolongée.
- Vous souhaitez être aidé à poser des limites, à gérer le perfectionnisme ou à moins chercher à satisfaire les autres.
- Vous vous répétez que vous devriez pouvoir gérer la situation, mais vous rencontrez des difficultés.
La thérapie peut prendre différentes formes. Certaines approches se concentrent sur l’observation des schémas de pensée et de comportement, la mise en pratique de changements progressifs, le développement de compétences de régulation émotionnelle ou l’apprentissage d’une autre manière d’entrer en relation avec les pensées pénibles. Un clinicien peut vous expliquer son approche et vous aider à déterminer si elle correspond à vos objectifs.
Les médicaments constituent une autre option envisagée par certaines personnes, souvent avec un médecin traitant ou un psychiatre. Leur pertinence dépend de votre situation personnelle, de vos antécédents de santé, de vos préférences et de vos symptômes. Le professionnel prescripteur peut discuter des bénéfices potentiels, des risques, des alternatives et du suivi.
Et si l’anxiété survient par vagues ou si je continue à fonctionner ?
Vous pouvez tout de même demander de l’aide.
De nombreuses personnes souffrant d’une anxiété importante continuent de travailler, de s’occuper des autres, d’étudier, de voir leurs proches ou d’assumer leurs responsabilités. Le fonctionnement apparent ne dit pas tout. Vous pouvez accomplir beaucoup de choses tout en vous sentant épuisé, déconnecté ou constamment sur le qui-vive, dans l’attente qu’un problème survienne.
De même, l’anxiété n’a pas besoin d’être présente chaque minute pour être importante. Certaines personnes se sentent plutôt bien jusqu’à l’apparition d’un déclencheur précis, comme conduire, parler en public, se rendre à un rendez-vous médical, participer à des événements sociaux, prendre l’avion, vivre un conflit ou être loin de chez elles. Si l’anticipation ou l’évitement de ces situations limite votre vie, cela vaut la peine d’en parler à un professionnel.
Le soutien peut aussi être préventif. Consulter plus tôt peut vous aider à comprendre certains schémas avant qu’ils ne s’enracinent davantage.
Comment trouver un thérapeute ou un autre professionnel qualifié ?
Commencez par la démarche qui vous est la plus accessible. Selon votre lieu de résidence et votre couverture, il peut s’agir d’un médecin traitant, du service de santé au travail, d’un service de santé scolaire ou universitaire, d’un centre médico-psychologique, de l’annuaire de votre complémentaire santé ou d’un thérapeute libéral disposant des qualifications nécessaires.
Lorsque vous contactez un professionnel, vous pouvez rester simple : « Je souffre d’anxiété, qui affecte ma vie quotidienne, et j’aimerais prendre rendez-vous. » Vous n’avez pas besoin de tout expliquer parfaitement dans votre premier message.
Lorsque vous comparez les options, pensez à demander :
- Êtes-vous autorisé à exercer là où je vis ?
- Accompagnez-vous les problèmes d’anxiété ?
- En quoi consiste généralement le premier rendez-vous ?
- Quelle approche utilisez-vous ?
- Quels sont vos tarifs, les possibilités de prise en charge, les conditions d’annulation et vos disponibilités ?
- Proposez-vous des consultations à distance ou en présentiel ?
- Comment déterminerons-nous si la thérapie m’aide ?
La relation compte. Il est important de se sentir respecté, écouté et capable d’être honnête. Vous pouvez poser des questions, demander un entretien préalable s’il est proposé ou essayer un autre professionnel si le premier contact ne vous convient pas. Une inadéquation ne signifie pas que la thérapie ne vous aidera pas.
Si le coût est un obstacle, renseignez-vous sur les tarifs adaptés aux revenus, les centres médico-psychologiques, les thérapies de groupe, les consultations assurées par des professionnels en formation, les services publics ou les options de téléconsultation moins coûteuses dans votre secteur. Votre agence régionale de santé, votre médecin traitant, votre service de santé au travail ou le service de santé scolaire peut vous orienter vers des ressources locales.
Que puis-je faire en attendant un accompagnement ?
Attendre un rendez-vous peut être frustrant, surtout lorsque l’anxiété semble urgente. L’objectif, pendant cette attente, n’est pas de tout résoudre seul. Il s’agit de créer un peu plus de soutien et de réduire la pression que vous vous imposez.
Envisagez de dire à une personne de confiance que vous traversez une période difficile et que vous cherchez de l’aide. Vous pouvez demander quelque chose de précis, comme de la compagnie pendant que vous passez un appel, un message après un rendez-vous ou de l’aide pour une tâche pratique.
Vous pouvez aussi rédiger une courte note pour votre premier rendez-vous. Indiquez quand l’anxiété a commencé, ce qui a tendance à la déclencher, comment elle affecte votre sommeil et votre vie quotidienne, ce que vous faites pour y faire face, les médicaments ou substances concernés et ce que vous espérez voir changer. Vous n’avez pas besoin de préparer un récit parfait. Quelques notes peuvent faciliter le début de l’échange.
De brèves techniques d’auto-assistance peuvent être utiles dans les moments d’anxiété du quotidien, mais elles ne remplacent pas une évaluation ou des soins lorsque les symptômes sont persistants, sévères ou perturbants. Si vous cherchez un outil privé pour traverser un moment difficile, Nuvin propose des exercices de respiration, d’ancrage et de réinitialisation physique utilisables hors connexion pour l’anxiété situationnelle du quotidien. Il ne s’agit ni d’une thérapie, ni de soins médicaux, ni d’un service de crise.
Si vous envisagez plus largement des applications ou des programmes en ligne, découvrez ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire dans les applications contre l’anxiété sont-elles réellement efficaces ?.
Que dois-je faire si je suis en crise en ce moment ?
Si vous risquez de vous faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un d’autre, avez commencé à vous mettre en danger, vous sentez incapable de rester en sécurité ou vivez une urgence médicale, demandez immédiatement de l’aide. Appelez le 15 ou le 112, rendez-vous aux urgences les plus proches ou demandez à quelqu’un à proximité de rester avec vous pendant que vous obtenez de l’aide.
En France, vous pouvez appeler le 3114, gratuitement, pour joindre le numéro national de prévention du suicide et d’aide en cas de crise. Si parler vous semble difficile, vous pouvez aussi utiliser les modalités d’échange proposées par le service. Si vous êtes en dehors de la France, contactez le numéro d’urgence ou le service de crise de votre pays.
Si vous n’êtes pas en danger immédiat mais vous sentez proche du point de rupture, contactez aujourd’hui un professionnel de santé mentale, votre médecin traitant, un service local de soins psychiatriques urgents ou une personne de confiance. Vous méritez d’être soutenu avant que la situation ne s’aggrave.
Quelle est la prochaine étape bienveillante ?
Une bonne prochaine étape peut être très simple : enregistrer l’adresse d’un annuaire de thérapeutes, appeler le cabinet de votre médecin traitant, envoyer une demande de rendez-vous, parler à une personne de confiance ou noter ce qui a été le plus difficile récemment.
Vous n’avez pas besoin de prouver que votre anxiété est suffisamment grave. Si elle affecte votre vie, vous effraie ou vous empêche de faire face, c’est une raison suffisante pour demander de l’aide. Un accompagnement professionnel peut vous aider à ne plus seulement tenir jusqu’à la fin de la journée, mais à retrouver davantage de place pour ce qui compte pour vous.