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Conseils et ressources pour gérer l'anxiété

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Comprendre3 septembre 20265 min de lecture

Crise de panique ou crise d’anxiété : les principales différences

Si vous vous sentez complètement dépassé en ce moment, vous n’avez pas besoin de commencer par déterminer comment appeler ce que vous vivez. Votre priorité immédiate est d’aider votre corps à comprendre que vous êtes ici, dans le moment présent.

Essayez ce bref exercice de recentrage avant de poursuivre votre lecture.

Que faire quand une anxiété intense survient ?

Pendant environ 90 secondes, essayez de vous recentrer en portant votre attention sur vos pieds, vos yeux et votre expiration.

  1. Posez les deux pieds au sol. Si vous êtes debout, remarquez la pression sous chaque pied. Appuyez doucement pendant cinq secondes, puis relâchez progressivement la pression. Répétez plusieurs fois.
  2. Nommez trois choses ordinaires que vous voyez. Restez concret : une poignée de porte, un angle du plafond, une tasse bleue. Vous n’essayez pas de vous convaincre de quoi que ce soit. Vous donnez simplement à votre attention un point précis où se poser.
  3. Faites en sorte que votre expiration soit légèrement plus longue que votre inspiration. Par exemple, inspirez confortablement, puis expirez lentement. Ne forcez pas une respiration profonde et ne retenez pas votre souffle. Si vous concentrer sur votre respiration vous met mal à l’aise, revenez plutôt à la sensation de vos pieds et à ce qui vous entoure.
  4. Répétez une phrase neutre. Essayez : « C’est une poussée d’anxiété. Je peux faire le prochain petit pas. »

Il ne s’agit pas de vérifier si vous êtes capable de faire disparaître ce que vous ressentez. C’est une manière de réduire la lutte contre cette sensation pendant que votre système nerveux se calme. Pour obtenir davantage de conseils à appliquer sur le moment, consultez comment arrêter une crise de panique.

À retenir pour votre sécurité : des symptômes physiques intenses peuvent avoir de nombreuses causes. Si vous présentez des symptômes nouveaux, sévères ou préoccupants, comme une douleur thoracique, des difficultés à respirer, un évanouissement ou des symptômes différents de ceux que vous avez ressentis lors d’épisodes précédents, consultez rapidement un professionnel de santé ou contactez les urgences au 15 ou au 112. En cas de doute, il est tout à fait approprié de demander un avis médical.

Existe-t-il une différence entre une crise de panique et une crise d’anxiété ?

Dans le langage courant, une distinction peut être utile, mais la frontière n’est pas toujours nette.

Une crise de panique est un terme utilisé dans le contexte clinique pour décrire une montée soudaine de peur intense ou de malaise sévère, qui atteint rapidement son maximum. Elle peut s’accompagner de sensations corporelles très fortes et de l’impression que quelque chose de grave est en train de se produire. Les crises de panique peuvent survenir en réaction à une situation redoutée, mais elles peuvent aussi sembler apparaître sans raison apparente.

Une crise d’anxiété est une expression courante, mais pas un terme diagnostique officiel au même titre. On l’utilise souvent pour décrire une période où l’inquiétude, la peur, le sentiment d’être dépassé ou les manifestations physiques de l’anxiété s’intensifient. Elle peut se développer autour d’un facteur de stress identifiable, comme un conflit, des inquiétudes concernant sa santé, un examen, des difficultés financières ou une décision difficile.

Cette distinction peut aider à mettre des mots sur ce que l’on vit, mais elle ne permet pas de déterminer exactement ce qui vous arrive. Les mêmes mots peuvent recouvrir des réalités différentes selon les personnes. Un professionnel de santé prend en compte l’ensemble de la situation, notamment vos symptômes, vos antécédents médicaux, leur évolution dans le temps, les médicaments ou substances consommés, les facteurs de stress et les éventuelles causes physiques.

Laquelle survient généralement le plus rapidement ?

On décrit souvent la panique comme une réaction qui survient rapidement. Une personne peut se sentir relativement bien, puis ressentir en quelques minutes une vague soudaine de peur et d’alarme physique. L’intensité peut rendre l’expérience urgente et effrayante.

Ce que l’on appelle une crise d’anxiété s’installe souvent plus progressivement. L’inquiétude peut commencer plus tôt dans la journée, puis la tension physique, les pensées qui s’emballent, l’irritabilité, l’inconfort digestif ou l’agitation s’accumulent jusqu’à devenir difficiles à gérer.

Cela reste toutefois une tendance, pas une règle. L’anxiété peut augmenter très rapidement. Une crise de panique peut aussi survenir après une période de stress croissant. Si vous vous demandez : « Est-ce une crise de panique ou une crise d’anxiété ? », il peut être plus utile de vous poser deux questions concrètes :

  • Quelles sensations et quelles pensées est-ce que je remarque en ce moment ?
  • Quel soutien ou quelle prochaine étape pourrait m’aider à me sentir plus en sécurité et plus stable ?

Quels symptômes peuvent se recouper ?

La panique et l’anxiété peuvent toutes deux s’accompagner d’expériences mentales et physiques difficiles. Les symptômes fréquemment rapportés comprennent :

  • Un rythme cardiaque rapide ou des palpitations
  • Des sueurs, des tremblements, une sensation de frisson ou de chaleur
  • Un essoufflement ou une sensation de serrement dans la poitrine
  • Des nausées, un inconfort au niveau de l’estomac, des vertiges ou une sensation d’instabilité
  • Des fourmillements ou des sensations d’engourdissement
  • Des pensées qui s’emballent, un sentiment d’appréhension, la peur de perdre le contrôle ou qu’un événement grave se produise
  • L’impression d’être détaché de soi-même ou de son environnement
  • Un besoin intense de fuir, d’être rassuré ou d’éviter la situation

Ce recoupement explique en partie pourquoi il est limité de vouloir poser soi-même une étiquette sur ce que l’on vit. Un même symptôme peut être lié au stress, à un manque de sommeil, à une maladie, aux effets d’un médicament, à la caféine, à d’autres substances ou à diverses difficultés physiques ou psychiques. Les symptômes seuls ne permettent pas d’établir un diagnostic.

Pourquoi le corps peut-il se sentir à ce point en état d’alerte ?

Lorsque votre cerveau détecte une menace, qu’elle soit immédiate, anticipée ou incertaine, il peut activer le système de réponse de l’organisme face à la menace. On parle souvent de réaction de lutte ou de fuite. Le rythme cardiaque, la respiration, la tension musculaire, la vigilance et l’attention peuvent tous changer rapidement afin de vous préparer à réagir.

Cette réaction est conçue pour donner la priorité à la protection, pas au confort. Elle peut rendre des sensations corporelles neutres importantes ou dangereuses à vos yeux, en particulier si vous êtes déjà stressé ou si vous surveillez attentivement votre corps. La boucle peut s’autoalimenter : une sensation paraît effrayante, la peur augmente et la sensation devient plus présente.

La biologie du stress ne fonctionne pas non plus comme un simple interrupteur. Le cortisol, une hormone impliquée dans la régulation du stress, suit un rythme quotidien normal qui comprend une hausse au réveil, souvent appelée réponse d’éveil du cortisol. Ce rythme ne permet pas de déterminer si une personne vit une crise de panique ou une crise d’anxiété, et le cortisol ne constitue pas un test à domicile pour l’une ou l’autre de ces expériences. Il ne représente qu’une petite partie d’un système beaucoup plus complexe.

Une crise de panique signifie-t-elle que vous souffrez d’un trouble panique ?

Aucune expérience isolée ne permet de répondre à cette question. Une crise de panique est une expérience qui peut survenir dans différents contextes. Un professionnel peut chercher à savoir si les épisodes de panique se répètent, s’ils semblent inattendus, si vous craignez de connaître d’autres épisodes et si vous avez modifié votre vie pour éviter des sensations ou des situations redoutées.

Il est également possible de ressentir une anxiété intense sans savoir quelle catégorie correspond à ce que vous vivez, ou sans trouver une catégorie utile. Les étiquettes peuvent orienter les soins, mais elles ne doivent pas devenir un jugement définitif sur vous.

Si les épisodes se répètent, perturbent votre travail, vos études, vos relations, votre sommeil ou vos activités quotidiennes, ou vous amènent à éviter certains lieux et certaines situations, consultez dans quels cas consulter un professionnel. Un professionnel de santé habilité peut vous aider à comprendre ce que vous vivez et à déterminer quelles formes de soutien pourraient vous convenir.

À quoi prêter attention une fois la vague passée ?

Lorsque vous vous sentez un peu plus stable, notez quelques observations. Faites simple et restez factuel :

  • Que se passait-il juste avant le début des symptômes ?
  • La sensation est-elle apparue soudainement ou s’est-elle installée progressivement ?
  • Quelles sensations corporelles avez-vous particulièrement remarquées ?
  • Quelles pensées sont apparues ?
  • Qu’est-ce qui vous a aidé, même légèrement ?

Il ne s’agit pas de prouver que vous avez vécu un type de crise plutôt qu’un autre. Ces observations vous donnent des informations utiles pour repérer des schémas et en parler avec un professionnel de santé si nécessaire.

Vous pouvez également remarquer des facteurs pratiques, comme des repas sautés, la déshydratation, un sommeil perturbé, l’alcool, la caféine, une maladie, une modification de traitement ou un événement stressant. Ces facteurs n’expliquent pas tous les épisodes, et le fait d’en repérer un ne signifie pas que vous êtes à l’origine de ce que vous avez vécu. Ils peuvent simplement fournir un contexte utile.

Quel est le principal point à retenir ?

Dans le langage courant, une crise de panique désigne généralement une montée rapide et intense de peur accompagnée de symptômes physiques. Une crise d’anxiété désigne généralement une période moins formalisée, souvent plus progressive, d’anxiété croissante. Mais les expériences réelles se recoupent, et aucune de ces étiquettes ne permet de diagnostiquer ce qui se passe.

Lorsque la sensation est présente, commencez par la plus petite étape qui puisse vous aider à retrouver un peu de stabilité : les pieds au sol, les yeux posés sur quelques objets et une expiration légèrement plus longue, sans la forcer. Demandez ensuite un soutien médical ou psychologique lorsque les symptômes sont préoccupants, récurrents ou perturbent votre vie.

Sources

  • American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition, Text Revision (DSM-5-TR). 2022.
  • Pruessner JC, Wolf OT, Hellhammer DH, et al. Free cortisol levels after awakening: A reliable biological marker for the assessment of adrenocortical activity. Life Sciences. 1997;61(26):2539-2549.